L'art du décor  

L'Art Nouveau

 

Franchir la porte de Julien, c'est pénétrer dans un autre monde, un monde féérique. Nous sommes en 1901, l'Exposition Universelle vient de fermer ses portes quelques mois plus tôt, l'Art Nouveau, un art de la nature, s'y est révélé.

01-art-decor

Dès le seuil, le jeune Bacchus, dieu du vin coiffé de grappes de raisins, du haut des colonnes, vous invite à la fête mais aussi à l'amour.

A droite, l'élégant bar en acajou, recouvert d'un zinc traditionnel, est inspiré de Louis Majorelle, le grand ébéniste de l'Ecole de Nancy.

02-art-decor

 

 

Les décorations de Trézel et de Ségaud

 

Au fond de la salle, deux grands paons en pâte de verre d'Armand Ségaud, symbolisent le printemps renaissant. D'autres paons se cachent, on les déniche ici derrière un manteau, là au milieu des fleurs. Au plafond s'ébattent des hérons, le phénix des Grecs qui selon la mythologie renaît sans cesse. Une frise colorée court en haut du mur, des pommes d'artichauts et des feuilles de pissenlit réchauffent de leurs couleurs le staff des moulures.

03-art-decor

Entre les miroirs, quatre nymphes rappellent le cycle des saisons. C'est le maître-verrier Louis Trézel qui est l'auteur de ces grandes décorations en pâte de verre. Ce sont : à gauche en entrant, le printemps tenant une branche de cerisier dont la floraison annonce le renouveau ; puis l'été qui a piqué dans ses cheveux des coquelicots rouges ; à droite l'automne et ses chrysanthèmes ; enfin l'hiver et ses délicates roses de Noël.

femmes-trezel

 

 

Les faïences et les verrières

 

Lorsqu'on lève les yeux vers les grandes verrières, ce sont toujours des fleurs, mais cette fois-ci des fleurs imaginaires. Elles ont été exécutées par les établissements Georges Guenne en 1924. Leur dessin est de Charles Buffet, le grand-père du peintre Bernard Buffet*.

05-art-decor

Au sol, on foule une prairie sauvage d'ancolies et de marguerites dont la floraison nous situe au printemps, un printemps éternel. D'ailleurs nos pas ne peuvent froisser leurs pétales. Ce mille-fleurs a été composé par les faïenceries de Choisy-le-Roi d'Hippolyte Boulenger dont le siège parisien était à quelques pas de là. C'est également Boulenger qui a réalisé, un quart de siècle plus tard, le sol de La Coupole à Montparnasse.

Dans le langage des fleurs, la marguerite signifie : « Je vous aime ! » Quant au lierre, qui court, il symbolise l'amour qui ne flétrit jamais...

 

* C'est sa famille qui nous a confirmé cette surprenante origine.

 

Thomas Dufresne